Karotz le dernier Nabaztag

Le Nabaztag est un objet mythique du début du siècle. Sorti en 2005, c’était certainement l’un des premiers objets connecté et tous les geeks de époque se souviennent de ce mignon petit lapin.

Nabaztag Karotz dans un champ

Cela fait longtemps que je voulais le tester, mais depuis 2019 il n’est pas facile de trouver ce type de lagomorphe à un prix raisonnable. En effet, Olivier Mével (l’un des créateurs du Nabaztag) lui a donné une nouvelle jeunesse en créant la carte Tagtagtag. C’est un HAT pour Raspberry PI Zero qui rend les Nabaztag (V1) et Nabaztag:tag (V2) beaucoup plus performants (et bidouillables). La carte était proposéeen financement participatif, mais si vous l’avez raté, ne vous inquiétez pas, il devrait prochainement y en avoir un autre…

Olivier Mével à la Maker Faire 2019

Finalement (après quelques années de patience), j’ai réussi à trouver un Nabaztag Karotz (V3) pas trop cher. Mais c’est peut être aussi parce que cette version n’est pas compatible avec la carte Tagtagtag d’Olivier.

Le Karotz possède un microprocesseur ARM 9 (400 MHz), 64 Mo de RAM, 256 Mo de mémoire flash, une carte WiFi (WEP, WPA, WPA2), un lecteur de tags RFID (14443-B), une Webcam de faible résolution (640*480), un micro, un haut parleur, un port USB, un port mini-USB, une LED RGB et bien sûr 2 moteurs pour faire tourner les oreilles.
Contrairement aux modèles précédents qui nécessitait une alimentation (un peu exotique) de 8 V, le Karotz utilise une alimentation de 5V (2000 mA), c’est une très bonne chose parce qu’elle est facilement remplaçable (en cas de perte ou de panne).

Les Nabaztag ne sont pas autonomes, ils sont conçus pour se connecter à un serveur distant (qui les contrôle complètement). L’idée était de proposer gratuitement quelques services de base, pour donner ensuite envie aux clients de souscrire à des abonnements payants. Tout était clair et transparent et il n’était pas prévu de recueillir les données personnelles des clients.
Cependant, les consommateurs n’aiment pas payer directement pour leurs services Internet. Ils préfèrent une pseudo gratuité (en échange de publicité et d’exploitation de leurs données). Mais l’entretien des serveurs représente forcement un coût (Maintenance et développement de nouveaux services). Même si le petit lapin a réussi a séduire de nombreux geeks, au bout d’un moment les ventes s’essoufflent (on a pas forcement envie de posséder plusieurs Nabaztag) et les nouveaux clients ne sont plus assez nombreux pour assurer la rentabilité de l’entreprise. Après une série de faillites et rachats, les derniers serveurs officiels ont fini par fermer.

Heureusement pour tous ceux qui ont adopté un lapin, l’histoire ne s’arrête pas là. Aldebaran Robotics (le dernier repreneur) a libéré le code source des lapins. Il est donc possible de les maintenir en vie en modifiant leurs firmwares et même de créer un serveur perso.

Le Karotz (qui est la dernière version) est le plus puissant des 3 lapins. Il utilise un système d’exploitation Linux, ce qui offre de nombreuses possibilités d’évolution, même si en 2021 et l’enthousiasme est un peu retombé (les dernières mises à jours datent quand même de quelques années).

OpenKarotz

Même si le projet semble désormais abandonné par son créateur, il reste très intéressant. Une fois l’installation terminée, le Karotz crée un serveur local. Vous pouvez le piloter depuis votre navigateur internet en vous connectant simplement à son adresse IP.

Pour commencer, j’ai réinitialisé le lapin pour remettre les paramètres « d’usine », pour cela :

  • Débranchez le Karotz,
  • Rebranchez-le en appuyant sur le bouton (en haut de la tête). Au début il clignote en rose, relâchez le bouton lorsqu’il arrête de clignoter (Rose fixe).
  • Il passe par différentes couleurs (bleu, rouge, orange, rouge et enfin bleu clair (Cyan).
  • La réinitialisation est terminée, débranchez le lapin et passez à la suite

Je me suis ensuite rendu à l’adresse suivante plug.openkarotz.org pour créer et télécharger un fichier de réinitialisation (rien de compliqué, il suffit simplement de suivre les étapes).

Téléchargement d'OpenKarotz

Pour éviter de donner votre mot de passe WiFi à des inconnus, mettez-en simplement un faux. Ensuite, éditez le fichier network.conf pour remettre le vrai. Attention, sous Windows, utilisez un vrai éditeur de texte comme par exemple NotePad++ sinon vous risquez d’avoir des problèmes avec le format du fichier modifié.

J’ai décompressé le fichier zip et copié son contenu sur une clé USB vide (formatée en FAT32). Puis j’ai éteint le Karotz, branché la clé USB et rallumé mon petit lapinou. Au bout de quelques instants il se met à parler et m’explique ce qu’il est entrain de faire. Il va installer le système (ensuite il y a une musique d’ascenseur pendant quelques minutes), il m’indique qu’il redémarre, se connecte à internet, se connecte à mon réseau, me demande de l’éteindre (et de le rallumer ensuite).

Mais ce n’est pas fini, il faut maintenant installer OpenKarotz, pour cela, je me suis ensuite rendu sur le site officiel et j’ai téléchargé le firmware OpenKarotz 2.0  (qui date quand même de 2013). Ensuite, c’est la même procédure, il faut décompresser le fichier zip sur une clé USB (vide et formatée en FAT32) et démarrer le Karotz après avoir inséré la clé USB. Le Karotz indique qu’il fait la mise à jour et la fin me demande de l’éteindre, j’ai retiré la clé USB avant de le rallumer (mais apparemment on peut encore la laisser pour l’étape suivante).

Maintenant, il est possible de se connecter au port 81 du Karotz (en tapant son adresse IP suivie de :81). Pour connaitre l’adresse IP, vous pouvez scanner votre réseau local avec un utilitaire spécialisé (comme par exemple ip scanner) ou allez voir sur votre Box internet.

Recherche de l'adresse IP du Karotz

J’ai choisi l’installation dans le lapin.

Installation d'OpenKarotz

Au bout de quelques instants, le lapin redémarre. Je peux maintenant me connecter à l’adresse IP sur le port par défaut (sans le :81). Cliquez ensuite sur le lapin pour accéder à l’interface de contrôle.

Connexion au Karotz

Et installez la mise à jour du système (2.1).

Mise à jour d'OpenKarotz

Ainsi que les patchs. Comme vous pouvez le voir, le dernier est un peu plus récent puisqu’il date de 2017.

Installation des patchs d'OpenKarotz

Le contrôle du lapin s’effectue en local et l’interface est très intuitive. Il est très facile d’allumer, d’éteindre, de faire clignoter ou de changer la couleur de la LED RGB.

Contrôle de la LED RGB avec OpenKarotz

Bien sûr, il est également très facile de faire bouger les oreilles (onglet Ears).

Il est possible d’automatiser les actions du lapin avec des tags RFID.

Contrôle des oreilles du Nabaztag Karotz avec un tag RFID

J’en ai testé plusieurs modèles, mais seuls les tags officiels (Flatanoz) sont reconnus. C’est bien dommage parce qu’ils sont très difficiles à trouver (ou alors à un prix exorbitant pour un simple tag RFID).

Tags RFID

OpenKarotz permet aussi d’installer des applications. Il était certainement prévu d’en ajouter d’autres, mais le projet semble un peu à l’abandon puisse qu’il y en a seulement 2. Moods permet de faire parler le lapin (il y a environ 300 phases amusantes) et Funny Clock annonce les heures GMT (mais pas les minutes et il n’est pas possible de sélectionner le fuseau horaire).

Bien sûr, il est également possible de prendre des photos (onglet Picture). Mais soyons sérieux, en 2021 qui a encore l’utilité d’un appareil photos numérique avec une telle résolution (640*480) ?
Si en plus, on considère que le système d’exploitation n’a reçu aucune mise à jour de sécurité depuis plus de 4 ans, je vous conseille vivement de coller un petit bout de scotch noir sur la caméra (située dans le nombril). Si quelqu’un réussi à pirater la caméra de mon Karotz, voilà tout ce qu’il obtiendra (désolé).

snapshot avec un bot de scotch devant la caméra

Pour aller plus loin (et plonger dans les entrailles du lapin) il faudra se connecter en telnet (pas en SSH) à l’adresse IP du Lapin (login : karotz).

Connexion en telnet à  OpenKarotz

Il est également possible d’ajouter, supprimer ou modifier les fichiers contenus dans le lapin en y accédant par FTP (apparemment, l’identifiant et le mot de passe ne sont pas obligatoires, sinon mettez karotz et laissez le mot de passe vide).

Connexion en FTP à  OpenKarotz

Il existe de nombreux tutos comme par exemple celui-ci : Openkarotz : comment lancer une tâche planifiée ? mais je n’ai pas encore eu le temps d’essayer.

Conclusion

Je suis un peu déçu parce que pour l’instant cela n’a rien à voir avec les nombreuses fonctions amusantes de la grande époque du Nabaztag. Il faut aussi s’interroger sur les risques de sécurité introduits par la connexion d’un tel objet (sans mises à jours, ni mots de passe) au réseau local.

Mais j’aime beaucoup ce gentil petit lapin qui parle, clignote et s’anime en bougeant les oreilles. Et pour un début, c’est quand même encourageant. J’ai envie d’essayer de créer des scripts et de tester Free Rabbits qui permet d’ajouter de nouvelles applications, alors je vous en reparlerai certainement dans un prochain article…

En attendant, voilà un petit bonus. Je me suis amusé à modéliser des oreilles de rechange. J’ai d’abord créé une version monochrome (qui ressemble au modèle original), mais la 2ème est beaucoup plus amusante. Elle est entièrement démontable et permet composer une infinité de combinaisons de rayures multicolores. Il suffit simplement d’imprimer les fichiers STL qui sont disponibles sur Thingiverse et d’ajouter un aimant Néodyme (de 8×1 ou 6×4 mm).

Oreilles de rechange (pour Nabaztag) imprimées en 3D

Sources et liens utiles


11 réflexions sur “Karotz le dernier Nabaztag

      1. bonjour donc la nouvelle carte electronic ne fonctionne pas avec les lapin qui on une camera si jai bien conpris merci de votre aides

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      2. Bonjour,
        Oui, officiellement la carte Tagtagtag (disponible actuellement sur Ulule) est seulement compatible avec les 2 premiers modèles de Nabaztag. Mais si vous êtes un peu bricoleur, il est certainement possible d’adapter la carte au Karotz.

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      3. Non, je voulais dire pour intégrer physiquement la carte Tagtagtag à l’intérieur du boitier du Karotz, mais c’est juste une idée comme ça, je n’ai pas essayé…

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      4. Ha ok pas évident si les files des nappes son trop cours sa risque de pas être évident car on ne c jamais en tout cas merci de vôtre aides

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